Le racket organisé par l’ISWAP dans le nord du Cameroun fait l’objet d’un rejet croissant par les communautés.

En novembre 2022, deux importants négociants en poissons de la péninsule de Kanouma-Bargaram, sur le Lac Tchad, dans la région Extrême-Nord du Cameroun, ont été tués par des militants, qui seraient des éléments de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).1 Ces meurtres auraient été perpétrés par le groupe extrémiste violent pour punir les personnes qui refusaient de payer les taxes imposées par l’ISWAP aux individus et aux populations de la région. Ce recours à la violence en réponse à une résistance accrue aux règles imposées semble s’inscrire dans une tendance croissante. En mars 2023, de l’autre côté de la frontière, au Nigeria, des combattants de l’ISWAP ont tué au moins 32 pêcheurs en dehors de Dikwa, un village de l’État de Borno, dans le nord-est du pays. Selon un responsable bénévole de la sécurité, ces hommes ont été tués pour avoir pêché dans une rivière dont les militants de l’ISWAP avaient interdit l’accès aux habitants.2

Cette montée de la violence est la conséquence de l’augmentation des extorsions de fonds commises par l’ISWAP auprès de la population locale. Si la population jugeait autrefois en partie légitime cette pratique systémique de l’ISWAP, il semble que la hausse des montants prélevés par l’ISWAP ait remis en cause cette légitimité. En réponse, l’ISWAP a brandi des menaces et commis des actes de violence d’une ampleur inhabituelle.

Depuis qu’il s’est imposé comme la faction dominante du groupe jadis connu sous le nom de Boko Haram, notamment depuis la mort du commandant rival Abubakar Shekau en mai 2021, l’ISWAP fait veille généralement à ne pas recourir aux mêmes niveaux de violence contre les civils tels que ceux franchis par l’autre faction de Boko Haram, Jama’tu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (Groupe engagé dans la propagation de l’enseignement du Prophète et du djihad, JAS).3 L’ISWAP a assis sa gouvernance sur les communautés qu’il contrôle dans la partie la plus septentrionale de l’Extrême-Nord du Cameroun - dans le Bassin du Lac Tchad et les environs - en s’appuyant principalement sur un système de taxation, à la fois des flux licites et illicites.

Les interventions militaires menées tout au long de l’année 2022 ont toutefois infligé des pertes humaines et matérielles considérables à l’ISWAP dans ses bastions du nord-est du Nigeria et du nord du Cameroun.4 Afin de se regrouper et se reconstituer, le groupe a augmenté les taxes prélevées auprès des populations.5 Bien que les taxes infligées aient généralement fait l’objet d’un accord amiable entre l’ISWAP et les communautés, depuis avril 2022, de nombreuses communautés s’opposent à cet arrangement, arguant que les taxes ont atteint des niveaux exorbitants.

En juin 2022, de nombreux Budumas, groupe ethnique composé principalement de pêcheurs et d’éleveurs de bétail vivant dans la région du Lac Tchad, ont fui leurs maisons sur l’île de Kofia pour échapper aux taxes et à la violence.6 Les besoins financiers accrus de l’ISWAP, exacerbés par les difficultés liées à la crise du naira nigérian (N) vers la fin de l’année 2022 et l’augmentation des taxes qui en a résulté, semblent nuire à ses relations avec les communautés. Cette situation pourrait affecter le contrôle exercé par l’ISWAP sur ces zones et pourrait avoir des conséquences désastreuses en termes de niveaux de violence à l’encontre des civils, qui semblent déjà plus élevés.

L’ISWAP comme instance alternative de gouvernance dans le Bassin du Lac Tchad

Depuis la scission de Boko Haram en deux factions rivales, l’ISWAP s’est imposé comme la plus puissante des deux dans le nord du Cameroun (ainsi que dans les zones rurales du côté nigérian de la frontière), se repositionnant dans une situation stratégique et économique avantageuse dans les villages autour du Lac Tchad et sur les îlots qui s’y trouvent. S’il a d’abord ciblé les villages les plus reculés de la région, l’ISWAP a ensuite consolidé son emprise sur ces derniers et a peu à peu gagné de nouveaux territoires.

Le Lac Tchad est un pôle économique important à l’entrée du Sahel. La pêche, l’élevage et l’agriculture prospèrent sur et autour du lac, tout comme un large éventail de commerces illicites présents depuis longtemps dans la région, principalement fondés sur la contrebande de marchandises - licites et illicites - entre le Nigeria, le Tchad et le Cameroun. Le commerce licite et illicite autour du lac représente des milliards de nairas et attire de nombreux marchands et acteurs criminels dans la région.7

Les villes de Sagmé, Soueram, Darak, Kofia et Kanouma-Bargaram comptent parmi les plus importantes d’un point de vue stratégique car elles sont des points de jonction essentiels entre les quatre pays du bassin du lac Tchad que sont le Cameroun, le Nigeria, le Tchad et le Niger. Maintenir une présence dans ces zones est essentiel pour que le groupe armé puisse contrôler ses propres chaînes d’approvisionnement ainsi que d’autres flux de trafic tels que le carburant, le tramadol, les armes et le poisson.8 Les interventions croissantes de Boko Haram à compter de 2014 ont dans un premier temps perturbé les réseaux de contrebande préexistants. Le groupe - et aujourd’hui principalement la faction ISWAP - a cependant ensuite noué des relations avec toute une série de réseaux de contrebande et de trafic, taxant les flux en échange d’une protection (en grande partie contre la propre violence du groupe).9

L’ISWAP a toujours cherché à maintenir sa légitimité auprès des populations locales tout en leur soutirant des fonds.10 Cette stratégie repose notamment sur la prestation de services, qui a commencé dès que le groupe s’est installé sur le territoire camerounais, vers 2013. La protection des pêcheurs, des éleveurs et des agriculteurs contre les menaces de violence souvent proférées par les militants de l’ISWAP eux-mêmes est un élément essentiel de leur stratégie de gouvernance. Au nombre des « services » fournis figurent également l’installation de puits d’eau et les forages, ainsi que la fourniture de médicaments, dans nombre de villes et villages de la région du Lac Tchad, notamment à Kanouma-Bargaram, Soueram, Sagmé et Kofia.11

Parmi les mesures prises par l’ISWAP qui ont été les plus bénéfiques pour les communautés locales, on peut citer le soutien financier apporté aux économies locales. Entre 2016 et 2020, les pêcheurs ont reçu des canoës motorisés et d’autres équipements pour améliorer leur rentabilité, et les agriculteurs ont reçu des tracteurs et d’autres équipements agricoles.12 Peut-être plus important encore pour beaucoup, les membres de l’ISWAP ont inauguré une nouvelle ère de justice, remplaçant les jugements traditionnels des autorités officielles (perçus par les communautés comme arbitraires) par un système judiciaire fondé sur la loi islamique (charia). Cette évolution a été saluée par les habitants, qui ont décrit les militants comme des « anges venus tout droit du ciel ».13

À partir de 2018, après s’être implanté dans les villages de la région, l’ISWAP a commencé à mettre en place un système lui permettant de tirer profit de l’activité économique qu’il a en partie contribué à développer. Fort du consentement de la population, indispensable pour gouverner de manière efficace et durable, l’ISWAP aurait revendiqué le droit exclusif d’acheter certains produits agricoles phares. Le piment séché en est le plus précieux, compte tenu de son omniprésence dans la cuisine locale.

Une fois les fruits de piment récoltés et préparés, les membres de l’ISWAP les achètent aux agriculteurs (qui n’ont pas le droit de les vendre à qui que ce soit) au prix de 1 000 naira le kilogramme (environ 2,17 USD). Jusqu’à la mi-2022, 25 % (250 nairas [0,54 USD] dans le cas du piment séché) du produit de la vente étaient retenus par l’ISWAP au titre de la zakat (aumône), ce qui ne laissait aux agriculteurs que 7 500 nairas, soit 75 % de la valeur totale. Cependant, depuis que l’ISWAP rencontre des difficultés financières, ce taux - appliqué à de nombreux produits agricoles - a été doublé et porté à 50 %.14

L’ISWAP vend ensuite ces produits, dont le piment séché mais aussi d’autres denrées de base tels que les arachides, les haricots blancs et le poisson, le plus souvent mais pas toujours par le biais d’intermédiaires, à des grossistes dans tout le Cameroun, ainsi que dans les pays voisins, notamment le Nigeria, le Niger et le Tchad. Ce faisant, le groupe a pris le contrôle de secteurs agricoles clés dont il tire des bénéfices de l’ordre de centaines de millions de nairas (soit plusieurs centaines de milliers de dollars américains) tout en renforçant sa position de dénicheur de perspectives économiques et de régulateur des économies locales.

L’élevage est une autre des grandes activités économiques de la région, en plus de l’agriculture. Le Bassin du Lac Tchad est la seule étendue d’eau dans la zone aride du Sahel. De ce fait, son yaéré (terme peul désignant la plaine inondable entourant le lac utilisée comme pâturage après la décrue) est un lieu d’élevage prisé, vers lequel converge des millions de têtes de bétail chaque année.15

L’ISWAP a également mis en place un système de taxes dans le secteur de l’élevage. La taxation du bétail est une activité courante des organisations extrémistes violentes en Afrique de l’Ouest.16 Au Mali, par exemple, les militants de la Katibat Macina prélèvent des taxes sur les troupeaux à des villages entiers ou à des zones plus vastes qu’ils contrôlent en échange de la protection du propriétaire du troupeau.17

Dans le nord du Cameroun, les éleveurs sont contraints de céder une partie de leur troupeau en échange de l’accès aux verts pâturages autour du lac. Les membres de l’ISWAP s’emparent d’entre 15 et 20 % de chaque troupeau de 50 têtes.18 À la connaissance de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime, cette taxe est la plus élevée prélevée par les groupes extrémistes violents en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Bien qu’aucune donnée n’ait encore été recueillie, les prélèvements auraient atteint des niveaux encore plus élevés, dans le sillage des augmentations de taxes enregistrés dans d’autres secteurs, comme décrit ci-dessous.19

Bien que le principe du prélèvement soit généralement accepté par les communautés d’éleveurs du nord du Cameroun, l’augmentation du nombre de têtes demandés a suscité un mécontentement perceptible. Le bétail appartenant à toute personne refusant de se conformer au système est confisqué de force et revendu à son propriétaire.20 Dans d’autres cas, le bétail est tué et la viande fumée pour être vendue sur les marchés locaux.21

Perturbations des opérations ISWAP

Il est difficile d’estimer les revenus tirés par l’ISWAP des activités de taxation, mais il s’agirait d’une source de financement importante. Les services de renseignement de l’armée nigériane les évaluent jusqu’à environ 47 millions de dollars, bien qu’il ne soit pas possible de confirmer de chiffre.22 L’ISWAP aurait utilisé ces fonds pour payer les salaires des recrues, les entretenir et acheter des fournitures.

La poursuite des ripostes militaires à l’ISWAP en 2022 a renforcé le besoin de ressources supplémentaires du groupe. C’est ainsi qu’a été lancée l’opération « Lake Sanity », une offensive militaire de longue durée menée par la force multinationale mixte (MNJTF) entre mars et août 2022. Selon des agents du secteur 1 (brigade camerounaise de la MNJTF basée dans la ville de Mora), l’opération visait à débarrasser le Bassin du Lac Tchad des extrémistes armés et a permis de tuer plus de 800 militants au cours des trois premiers mois.23

Objets saisis à l’ISWAP, dont une moto, des armes et des munitions, par les militaires de l’opération Lake Sanity.

Objets saisis à l’ISWAP, dont une moto, des armes et des munitions, par les militaires de l’opération Lake Sanity.

Photo : Force multinationale mixte, opération Lake Sanity

Par ailleurs, la Banque centrale du Nigeria a annoncé en octobre 2022 qu’elle allait modifier le graphisme des billets de banque en naira et fixer un plafond de retrait aux guichets automatiques, en partie pour mettre à mal les activités terroristes et criminelles.24 Cette mesure a été motivée par la généralisation des enlèvements contre rançon dans le nord du Nigeria, qui renforce le pouvoir financier des bandits et des groupes extrémistes violents.

En réponse à cette mesure, Ibn Oumar et Malam Ba’ana Wali, les deux figures de l’ISWAP chargés des opérations de taxation et du prélèvement de la zakat dans la région du lac Tchad au Cameroun, ont publié une résolution interdisant l’utilisation du naira dans les zones placées sous leur contrôle (interdiction également applicable sur l’ensemble du territoire de l’ISWAP, y compris au Nigeria, au Tchad et au Niger).25 Pour éviter que des nairas n’entrent sur le territoire de l’ISWAP au Cameroun, seules certaines routes ont été autorisées pour les déplacements en provenance du Nigeria, routes qui ont fait l’objet d’une surveillance étroite, les contrôleurs de l’ISWAP effectuant des patrouilles pour s’assurer du respect des règles.

Bien que le franc CFA soit la monnaie nationale du Cameroun, dans la région Extrême-Nord du pays, les communautés autour du bassin du lac Tchad utilisent principalement le naira.26 Depuis l’annonce de cette décision, l’ISWAP n’accepte toutefois plus que les paiements en francs CFA pour les prélèvements et les taxes imposés aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux éleveurs de la région.27 Cette situation a entraîné des retards ou des absences de paiement, car les francs CFA sont beaucoup plus difficiles à se procurer dans la région, mais a aussi complètement déprécié les liquidités détenues par l’ISWAP, qui ne peuvent pas être échangées facilement.28

L’obéissance des communautés commence à faiblir

Depuis mai 2022 environ, peu après le début des offensives militaires lancées dans le cadre de l’opération « Lake Sanity », l’ISWAP a presque doublé les taux d’imposition des communautés situées autour de la région du lac Tchad. Les populations réagissent en s’en prenant de plus en plus aux groupes armés, refusant de les payer. Malgré un contrat social établi entre l’ISWAP et les communautés, en vertu duquel le premier s’abstiendrait de prendre pour cibles les secondes, les menaces contre les civils se multiplient.

Selon des données du projet Armed Conflict Location and Event Data (ACLED), après avoir baissé entre 2018 et 2020, on assiste depuis fin 2021 à une recrudescence du nombre de décès de civils imputables aux groupes extrémistes violents présents dans l’Extrême-Nord du Cameroun.29

Violence à l’encontre des civils dans la région Extrême-Nord du Cameroun, 2016–2022.

Figure 3 Violence à l’encontre des civils dans la région Extrême-Nord du Cameroun, 2016–2022.

Source : ACLED

Depuis mai-juin 2022, de nombreux Budumas, un groupe ethnique composé principalement de pêcheurs et de gardiens de troupeaux vivant dans la région du lac Tchad, ont quitté leurs maisons sur les îlots du lac pour éviter les taxes - et les représailles potentiellement violentes - des militants de l’ISWAP.30

Comme indiqué par un groupe de personnes ayant dû quitter leurs maisons sur l’île de Kofia : « nous n’avons jamais subi la violence des terroristes ; nous avons toujours vécu en harmonie avec ces combattants. Le niveau de violence s’est toutefois intensifié depuis mai ou juin 2022 avec l’intensification des opérations militaires dans tous les villages occupés par des extrémistes violents. Même les civils qui étaient autrefois épargnés ne sont plus en sécurité. »31

Cette recrudescence des actes de violence commis par l’ISWAP à l’encontre des civils pourrait être liée à la résistance croissante aux taxes de la part des communautés que le groupe cherche à contrôler. À ceci pourrait s’ajouter la pression militaire croissante qui a déclenché les assauts de l’ISWAP à l’encontre de civils par le passé.32

Autre facteur clé : l’approche privilégiée par l’ISWAP pour se procurer des revenus dans les zones où le groupe exerce un contrôle total, qui diffère de celle mise en place dans les zones plus contestées ou dans lesquelles le mouvement n’a pas encore totalement assujetti les populations. Si, dans le premier cas, la priorité semble être accordée au maintien d’une forme de légitimité, dans le second cas, l’atteinte de l’objectif visé passe plutôt par le recours à la violence.33 Les ruptures dans le système de contrôle et les menaces croissantes de la part des militaires peuvent avoir modifié l’approche de l’ISWAP de telle façon qu’elle cadre davantage avec celle adoptée dans les zones où le contrôle est contesté. Si les habitants des villes et des villages de la région du lac Tchad au Cameroun sont de plus en plus réticents à adhérer au système de taxation imposé par l’ISWAP, qui passe de l’arrangement amiable à un système plus proche de l’extorsion de fonds, il est fort possible que les civils de ces régions soient davantage pris pour cibles.34 L’érosion probable de la légitimité de l’ISWAP qui en résultera dans la région sera l’occasion de saper l’emprise du groupe sur les marchés criminels régionaux et d’ébranler son rôle croissant d’instance alternative de gouvernance.

Notes

  1. Entretien avec un agent de la Force multinationale mixte, Mora, 20 décembre 2022. 

  2. Abdulkareem Haruna, Terrorists kill 32 fishermen in northeast Nigeria, HumAngle, 9 mars 2023, https://humanglemedia.com/terrorists-kill-32-fishermen-in-northeast-nigeria/

  3. De nombreux rapports font état de brutalités extrêmes de la part de la JAS ab. Le 10 mars 2023, par exemple, une femme de 75 ans a été brutalement tuée par des combattants présumés du JAS dans le village frontalier de Zamga, dans l’Extrême-Nord. Voir : Kiven Brenda, Elderly woman beheaded by Boko Haram in Far North Cameroon, HumAngle, 14 mars 2023, https://humanglemedia.com/elderly-woman-beheaded-by-boko-haram-in-far-north-cameroon/

  4. Voir, par exemple : Timothy Obiezu, Nigerian military says over 250 militants killed in operation, VOA News, 9 septembre 2022, https://www.voanews.com/a/nigerian-military-says-over-250-militants-killed-in-operation/6738455.html; Wale Odunsi, Nigerian military bomb ISWAP leaders Ali Kwaya, Bukar Mainoka in Lake Chad, Daily Post, 6 novembre 2022, https://dailypost.ng/2022/11/06/nigerian-military-bomb-iswap-leaders-ali-kwaya-bukar-mainoka-in-lake-chad/

  5. Entretien avec un agent de la Force multinationale mixte, Mora, 20 décembre 2022. 

  6. Entretien avec un agent de renseignement de la Force multinationale mixte, Mora, 18 décembre 2022. 

  7. L’escalade de la violence de Boko Haram depuis 2014 a dans un premier temps réduit le commerce transfrontalier licite et illicite, et de nombreux commerçants ont fui vers le sud. Au fur et à mesure de la montée en puissance de l’ISWAP dans la région, les nouveaux réseaux de contrebande transportant des marchandises illicites venus combler le vide laissé par les réseaux de contrebande antérieurs sont passés sous la protection du groupe. Lucia Bird et Lyes Tagziria, Criminalité organisée et dynamiques d’instabilité : Cartographie des plaques tournantes illicites en Afrique de l’Ouest, GI-TOC, septembre 2022, https://wea.globalinitiative.net/illicit-hub-mapping/fr/map

  8. Antônio Sampaio, Conflict economies and urban systems in the Lake Chad region, GI-TOC, novembre 2022, https://globalinitiative.net/analysis/lake-chad-region/

  9. Voir https://wea.globalinitiative.net/illicit-hub-mapping/fr/map

  10. Antônio Sampaio, Conflict economies and urban systems in the Lake Chad region, GI-TOC, novembre 2022, https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2022/11/Lake-Chad.9Nov-web-copy.pdf

  11. Entretien du 20 décembre 2022 à Mora avec un agent de la Force multinationale mixte ; entretien du 15 décembre 2022 avec un journaliste local à Kolofata ; entretien du 18 décembre 2022 à Mora avec un agent de renseignement de la Force multinationale mixte. 

  12. Entretien du 15 décembre 2022 à Kolofata avec un journaliste local. 

  13. Entretien du 15 décembre 2022 à Kolofata avec un journaliste local. 

  14. Entretien du 18 décembre 2022 à Mora avec un agent de renseignement de la Force multinationale mixte. 

  15. Saïbou Issa, Les coupeurs de route. Histoire du banditisme rural et transfrontalier dans le Bassin du Lac Tchad, 2011, Paris, Karthala, p. 38. 

  16. Kingsley L. Madueke, Driving destruction: Cattle rustling and instability in Nigeria, GI-TOC, janvier 2023, https://globalinitiative.net/analysis/cattle-rustling-instability-nigeria/

  17. Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest, Les vols de bétail augmentent au Mali dans un contexte d’isolement politique croissant : La région de Mopti apparaît comme un épicentre, Bulletin de risque, numéro 4, GI-TOC, juin 2022, https://riskbulletins.globalinitiative.net/wea-obs-004/fr/01-cattle-rustling-spikes-in-mali.html

  18. Entretien avec un agent de renseignement de la Force multinationale mixte, Mora, 18 décembre 2022. 

  19. Dans l’État de Yobe, au Nigeria, les insurgés prélèvent une tête de bétail sur 40 aux éleveurs, tandis que dans l’État de Zamfara, les bandits ne s’emparent pas d’un nombre fixe de têtes de bétail à titre de taxe. Dans un district du Mali, le groupe armé Katibat Macina prélève, au titre de la zakat, un taurillon d’un an pour 30 têtes de bétail et une génisse pour 40 têtes de bétail. En 2021, au Bénin, les groupes armés ont fait passer la zakat du nombre habituellement admis d’une tête de bétail sur 100, à une sur 10. Voir Kingsley L. Madueke, Driving destruction: Cattle rustling and instability in Nigeria, GI-TOC, janvier 2023, https://globalinitiative.net/analysis/cattle-rustling-instability-nigeria/ ; Flore Berger, De la chair à canon : Le vol de bétail et l’économie de guerre au Mali, GI-TOC, mars 2023,https://globalinitiative.net/analysis/cattle-rustling-mali-war-economy/Antônio Sampaio et al, Armed groups and conflict economies in the national parks of Burkina Faso, Niger and Benin, GI-TOC, à paraître. 

  20. Entretien du 25 novembre 2022 à Darack avec un éleveur local. 

  21. Entretien du 10 décembre 2022 à Fotokol avec un éleveur local. 

  22. Entretien du 26 décembre 2022 à Banki avec un agent de renseignement de l’opération Hadin Kai de l’armée nigériane. 

  23. Entretien du 18 décembre 2022 à Mora avec un agent de renseignement de la Force multinationale mixte ; Lac Tchad : plus de 800 djihadistes tués en deux mois selon la Force multinationale, VOA Afrique, 7 juin 2022, https://www.voaafrique.com/a/lac-tchad-plus-de-800-jihadistes-tués-en-deux-mois-selon-la-force-multinationale/6607102.html

  24. Godwin Emefiele (Gouverneur, Banque centrale du Nigeria), Remarques à la presse sur l’émission de nouveaux billets de banque en naira, 26 octobre 2022, https://www.cbn.gov.ng/Out/2022/CCD/Press%20Remarks%20on%20New%20Naira%20
    BanknotesOct2022%20Final.pdf

  25. Entretien avec un agent de renseignement de la Force multinationale mixte, Mora, 18 décembre 2022. 

  26. Certaines communautés proches de la frontière nigériane ne connaissent même pas l’existence du franc ; pour l’anecdote, des personnes ont par le passé hésité à accepter le franc CFA, pensant qu’il s’agissait d’une fausse monnaie. 

  27. Abdulkareem Haduna, ISWAP collects taxes in CFA as Nigeria government plans currency redesign, HumAngle, 12 novembre 2022, https://humanglemedia.com/iswap-collects-taxes-in-cfa-as-nigeria-government-plans-currency-redesign/

  28. Bien que la date limite pour échanger les anciennes coupures contre les nouvelles ait été repoussée, il n’en demeure pas moins que les personnes cherchant à échanger d’importantes sommes d’argent sont soumises à des contrôles, ce qui peut attirer l’attention des autorités. Les membres de l’ISWAP ne sont donc pas en mesure d’échanger leurs stocks de liquidités. 

  29. La plupart des médias locaux ne faisant pas la distinction entre les deux factions de Boko Haram, l’ISWAP et le JAS, il n’est pas possible de comparer le nombre d’actes de violence contre des civils commis par chaque groupe. Pour plus de détails sur la méthodologie de codage de l’ACLED, voir : https://acleddata.com/acleddatanew/wp-content/uploads/2021/11/ACLED_Boko-Haram-ISWAP-Factions_March-2021.pdf

  30. Entretien du 12 décembre 2022 à Darak avec un éleveur local. 

  31. Entretien du 25 novembre 2022 à Darak avec un groupe de personnes déplacées de Kofia. 

  32. Vincent Foucher, Le proto-État djihadiste dans le Bassin du Lac Tchad, Institute for International Political Studies, 19 mars 2020, https://www.ispionline.it/en/publication/jihadi-proto-state-lake-chad-basin-25441

  33. Antônio Sampaio, Conflict economies and urban systems in the Lake Chad region, GI-TOC, novembre 2022, https://globalinitiative.net/analysis/lake-chad-region/

  34. Le Conflict Alert System de l’ACLED prévoit une augmentation, bien que limitée, de 12 % du nombre d’actes de violence à l’encontre des civils dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Voir Conflict Alert System de l’ACLED, https://developer.acleddata.com/dashboard/conflict-alert-system/